Seule Wikimédia veut cette exception pour se faire de l’argent sur le dos des auteurs ?

FAUX.

Lors des débats européens, Wikimedia était loin d’être le seul acteur engagé pour une liberté de panorama. Membres de sociétés d’auteurs, associations d’architectes, de photographes et de journalistes se sont mobilisés pour une liberté de panorama sans restrictions (notamment en Allemagne et au Royaume-Uni où une liberté de panorama commerciale existe déjà).
Actuellement ce sont les associations estoniennes d’architectes qui demandent que la liberté de panorama non-commerciale en Estonie devienne totale.
Seules certaines sociétés d’auteurs françaises sont positionnées contre cette exception. Elles ont tenté de définir Wikimedia comme une société américaine, ayant pour but de gagner de l’argent en ne payant pas les créateurs.
Rappelons que Wikimedia France est une association loi 1901, qui fait partie de l’économie sociale et solidaire et qui œuvre au sein de l’économie de partage. L’association, au même titre que la fondation Wikimedia, n’est absolument pas propriétaire des contenus. Elle se positionne en appui d’une communauté, notamment de photographes (par le biais de son projet Wikimedia Commons). Ce sont ces utilisateurs qui administrent les projets, dans un but de libre diffusion de la connaissance. Notre association ne réalisera donc pas de bénéfice en lien avec la liberté de panorama.
Simplement, pour nous, l’absence de liberté de panorama est une privatisation de l’espace commun, d’autant plus que les artistes ont sciemment consenti à exposer leurs œuvres au public et que, souvent, ils ont bénéficié de fonds publics pour les réaliser.
Du point de vue de la diffusion de la connaissance, cette liberté serait une grande avancée : vous pouvez passer tous les jours devant un bâtiment ou une sculpture mais vous ne pouvez pas les partager ! C’est tout un pan de la culture que nos bénévoles contributeurs pourraient valoriser sur les projets Wikimedia, comme Wikipédia.